Après un mois passé place Richebé, nous avons décidé de retirer les pancartes, affiches et de ne laisser qu'une "cabane' en solidarité avec les sans abris restant au square. Cette décision a été votée à 80% par les indignés présents lors de l'Assemblée Général de ce lundi 27 juin.

Le camp n'était pas une fin en soi mais un moyen d'attirer l'attention sur le mouvement et sur la misère rendue invisible par la société. C'était aussi une façon de créer un lien de solidarité et de se réapproprier la rue en tant qu'espace public. Ce camp nous a offert une visibilité. Jamais la place Richebé n'a été aussi belle et bien décorée. Nos messages ne sont pas passés inaperçus.

Pendant un mois, nous avons pu toucher directement des milliers de personnes. Nous avons pu constater que cette sensation d'être dans une démocratie au minimum biaisée était largement partagée par la population.

Pendant un mois, de simples citoyens, de tout âge, de tout horizon social, ont  tenté de recréer une agora sur cette 'place aux rêves'. Nous avons discuté, échangé, expérimenté... Nous avons réfléchi, nous nous sommes organisés. Nous continuerons à le faire en donnant une nouvelle forme a cette expérience de démocratie réelle.

Pendant un mois, ça n'a pas été facile. Il a fallu le tenir camp, et pour certains d'entre nous, aller au travail le lendemain. Il a fallu tenir le camp sous la pluie du Nord, sous l'orage avec les forces de l'ordre qui nous empêchaient de poser la moindre tente. Forces de l'ordre qui nous ont mis la pression plusieurs fois. Mais nous n'avons pas cédé : nous ne faisions rien d'illégal.

Pendant un mois, nous avons côtoyé la rue et la misère. La place Richebé est depuis longtemps un refuge pour les sans-abris. Nous avons tous fait des rencontres humaines extraordinaires. Une véritable solidarité est née autour de ce camp.

Mais la rue, c'est aussi un milieu dur et violent et certaines personnes,  désocialisées,  alcoolisées, génèrent des tensions difficilement gérables (nous n'avons pas les capacités de travailleurs sociaux). Une grande part de notre énergie était consacrée au désamorçage de conflit. Nous préférons prendre nos responsabilités et arrêter le camp avant d'être dépassés par la situation.

Nous nous souvenons tous d'un candidat qui, début 2007, promettait qu'en 2009 plus personne ne serait obligé de dormir dehors. Promesse complètement vide et creuse, comme trop souvent en politique, puisque strictement rien n'a été tenté pour la tenir et les choses se sont même sensiblement aggravées. A Lille, les chiffres officiels parlent de 1070 personnes à la rue. C'est ce même candidat qui expliquait n'avoir « reçu aucun mandat pour reporter l'âge de la retraite ». Encore un signe que notre démocratie ne tourne pas rond.

Nous levons donc le camp mais ne baissons pas les bras pour autant. Les indignés continuent leurs assemblées tous les soirs à 19h00. La fin du camp permettra entre autre de pouvoir  'délocaliser' certaines de ces assemblées pour sensibiliser d'autres populations.

 

Les indignés Lillois

Contact : democratiereelle.lille@gmail.com

 

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