N'ayant pas connaissance à ce moment là des mouvements à Madrid, je me suis d'abord demandé ce qu'était ce rassemblement étrange en plein milieu de la rue.

Je suis finalement resté jusque la fin, n'ayant pas pris la parole pendant l'AG, pour garder un rôle d'observateur relativement distant du débat et donc objectif, étant sceptique de nature.

Je n'ai cependant pas pu m'empécher de me mêler à la foule lorsque l'AG s'est terminée. J'ai même été invité à boire un verre au café citoyen avec des gens qui peut etre se reconnaitront derriere ce " contactez l'auteur" anonyme et avec qui j'ai pu exprimer, ressentir, partager, et recevoir tant de choses que j'ai si rarement eu l'occasion de partager aux gens dits "normaux" intégrés dans la vie et bien plan-plan devant TF1 tous les soirs.

Je me suis emballé plus d'une fois lors de ces discussions, relativement réservé au début pourtant. A aucun moment je n'ai eu la sensation, ni la peur d'être pris pour un fou, là ou dans une société qui va gentiment a l'école ou au travail, j'ai toujours peur d'être pris pour un taré marginal faussement révolutionnaire, voire même le dépressif de service, lorsque je me surprenais à râler sur la condition profonde de l'humain.

Avant ce groupe qui se réunit chaque soir a Lille, seule ma copine etait capable d'entendre ce genre de discours.

Je me suis senti pour la première fois chez moi au sein de ce groupe.

Pourtant quand l'heure est venu justement de rentrer "chez moi", je me suis laissé désarçonner par un indigné me demandant si je rentrais sur le campement.

Je me suis alors rendu compte que ce gaillard avec qui j'avais partagé de bons moments ce soir était à la rue, et j'ai du mal ce soir encore à digérer cela.

Toute ma vie, j'ai senti qu'un truc clochait, que l'humain n'était justement pas aussi humain qu'il voulait bien le faire croire. Qu'il manquait un truc que j'ai retrouvé chez certains groupes désignés comme fous comme les hippies.

Je vois aujourd'hui que j'suis peut-être pas aussi taré que ce qu'on a toujours voulu me faire croire...

Je me suis renseigné plus profondément sur ce mouvement que je ne connaissais pas avant cette soirée. J'ai alors vu sur les vidéos du blog, à la fois toute l'humanité dont peuvent faire preuve les indignés, se rassemblant comme rarement l'humain a été foutu de se rassembler en oubliant d'ou ils viennent, et toute la violence policière qui lui faisait réponse.

Je me suis retrouvé comme un con à pleurer devant mon ordinateur avant d'écrire ces quelques mots, qui j'espere malgré mon absence lors de la manifestation de ce dimanche, sauront exprimer mon soutien.

J'espere pouvoir être présent à l'AG du Mercredi 23 Juin, devant retourner à ma vie de stagiaire...

 

Un mail reçu aujourd'hui, qui fait aussi chaud au coeur