Place Richebé, sur le mode espagnol, ils réfléchissent à une autre société

dimanche 29.05.2011, 05:15- La Voix du Nord

 Place Richebé, une soixantaine de jeunes et moins jeunes, se rassemblent pour réclamer une autre société. PHOTO STÉPHANE MORTAGNE
Place Richebé, une soixantaine de jeunes et moins jeunes, se rassemblent pour réclamer une autre société. PHOTO STÉPHANE MORTAGNE

|  RASSEMBLEMENT |

Chaque jour depuis une semaine, place Richebé, des rassemblements spontanés reproduisent

 

les cercles de réflexion de la jeunesse espagnole. À Lille, ils étaient une trentaine la semaine dernière, une soixantaine hier, avec l'envie « d'occuper la voie publique » de grossir les rangs de la réflexion, de « propager » la contestation espagnole, « comme c'est déjà le cas en Grande-Bretagne, en Allemagne, à Marseille, à Toulouse ou à Paris ».

Place Richebé, sous la pointe de l'épée du général Faidherbe, ils sont assis en tailleur. Les mains s'agitent, les jambes se croisent, se décroisent, les roulées s'allument, se consument, et pendant que s'échappent les volutes, les sourcils froncés sont prêts à entrer dans la discussion comme on pénètre le cercle improvisé d'une battle de break-dance : avec le respect de l'adversaire mais aussi la volonté farouche que sa pierre pèse dans le débat.

Sur la place Richebé, depuis une semaine, un peu le midi, un peu le soir, ils conversent, confrontent leur point de vue. Des hommes et des femmes, jeunes, moins jeunes, percés ou non, tatoués ou pas, prévenus du rassemblement par le bouche à oreille, de plus en plus par le biais des réseaux sociaux. Ils discutent de « la notion de travail », « de la politique », « du peuple », « des richesses à partager ». En clair, depuis une semaine, ils se rassemblent pour entamer « une réflexion sur la société qu'on aimerait mettre en place », explique Sébastien, la trentaine. Ils confrontent leurs idées mais sont d'accord pour s'affranchir des partis politiques, sont frileux à l'idée de désigner un porte-parole, méfiant vis-à-vis des journalistes. D'abord la réflexion. Passera ensuite la phase d'action.

L'idée d'un campement est caressée, « mais pas sur la place Richebé, il y a trop de crottes de chien ». Le collectif décidera. Mais ces rassemblements spontanés d'où jaillissent les idées, les réflexions, les orientations, devront d'abord franchir une étape essentielle : se mettre d'accord et parler d'une seule voix. Et ce n'est pas gagné.

• S. CH.